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Qu’est ce que l’œcuménisme ?

Au-delà des circonstances dont l’histoire garde les traces, nous pouvons retenir quelques axes forts pour œuvrer à l’œcuménisme : elle reste une tâche importante à mener, car il y va de l’être même de l’Eglise, de sa mission, de sa fidélité à son origine, le Christ…

Quelques axes pour œuvrer à l’œcuménisme

Reconnaissance des différences : il ne s’agit pas de cacher ou gommer ce qui sépare mais de le reconnaître comme non un obstacle mais comme un lieu de questionnement, de purification, peut-être de bouleversement…

Se construire personnellement : il importe que les Eglises gardent leur personnalité, donc ne pas chercher à uniformiser mais à unifier en tenant compte des différences notées précédemment. Benoît XVI s’adressant aux jeunes le décrivaient fort bien : Mais cette unité ne signifie pas pour autant ce que l’on pourrait appeler un œcuménisme du retour : c’est-à-dire être obligé de renier et de répudier sa propre histoire de foi. Absolument pas ! Cela ne signifie pas uniformité dans toutes les expressions de la théologie et de la spiritualité, dans les formes liturgiques et dans la discipline. Unité dans la multiplicité et multiplicité dans l’unité… il [le dialogue entre les Eglises] est un échange de dons dans lequel les Églises et les Communautés ecclésiales peuvent apporter leurs propres trésors . Ou comme l’écrivait le pasteur Jacques Maury : Pour que l’unité ait un sens il faut que chacun demeure lui-même.

Confesser ensemble le Christ Seigneur : les chrétiens, ne doivent jamais perdre des yeux la pierre angulaire, ni oublier les fonda-tions sur lesquelles ils œuvrent : Jésus Christ. Eux passeront, lui demeurera. C’est en allant vers le centre, vers la profondeur que nous ne cesserons de nous rapprocher. Vers le centre, c’est-à-dire vers le Christ ressuscité, cœur de l’Eglise, cœur du monde, cœur de l’homme. Et ce cœur nous est commun .

Changer de regard et donc de terminologie  : ne plus parler de frères séparés mais de frères différents… en retenant avant tout que c’est un frère !

Travailler à l’unité des chrétiens, c’est travailler à la crédibilité du témoignage chrétien, c’est sur le témoignage commun que notre parole pourra être reçue : Il est bien plus important de nous accepter réciproquement avec un grand respect intérieur, et même avec amour, de nous reconnaître comme chrétiens et d’essayer, dans les choses essentielles, de rendre un témoignage commun dans le monde, aussi bien pour la bonne organisation de l’ordre du monde que pour répondre aux grandes questions sur Dieu et sur l’homme - d’où l’homme vient-il et où va-t-il ?

En fait, l’unité des chrétiens appartient à la nature de l’Eglise et est même son fondement. Comment annoncer un unique Sei-gneur, un unique Sauveur nous rassemblant tous dans un unique corps [dont l’eucharistie est le gage] si nous ne nous efforçons pas de tout mettre en œuvre pour être un ?

L’unité suppose une conversion intérieure de chacun, apprendre à regarder l’autre non pas à partir de soi mais à partir de celui nous qui appelle, lui comme moi. Comme le rappelait Benoit XVI : la conversion intérieure est le présupposé de tout progrès sur le chemin de l’œcuménisme.

Jean-Luc Ragonneau s.j

Dernière mise à jour : Dimanche 19 janvier 2014