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Présentation de SOS Chrétiens Marseille Provence

Un article de Dominique Paquier Galliard

Quelqu’un à qui parler

JPEGCréé en 1994, SOS Chrétiens Marseille Provence répond aux appels de détresse, de plus en plus nombreux. Aujourd’hui, l’association doit recruter de nouveaux écoutants.

« Assurer une écoute téléphonique quotidienne, anonyme, non directive et non prosélyte » : c’est le principe de base de l’association. Depuis bientôt quinze ans, SOS Chrétiens Marseille Provence tient son objectif.

S’exprimer librement
Chaque jour, au bout du fil, les écoutants se relaient : « Ils sont vingt-cinq, la plupart à la retraite », note la présidente, Anita Carta. L’équipe de bénévoles, composée aux trois-quarts de femmes, répond aux appels de midi à minuit, dimanches, jours fériés et vacances compris. Le motif des quelque 8 000 appels annuels ? « D’abord, la solitude. Mais aussi des problèmes familiaux, des idées suicidaires, le chômage, la violence, les agressions sexuelles, l’alcoolisme… Il est rare que les personnes n’appellent qu’une fois, en particulier lorsqu’elles sont touchées par un deuil. » L’anonymat permet aux appelants de tous âges et de tous milieux, des femmes en majorité, de se sentir respectés et de s’exprimer librement.

D’abord, être là
Pour les bénévoles qui reçoivent ces appels, « l’important, c’est d’abord d’être là ». « Nous ne guidons pas la personne, nous l’acceptons telle qu’elle est, témoigne Odile. Nous l’écoutons avec attention, sans porter de jugement, en toute liberté. » « Il faut renoncer à soi pour être dans une attitude de disponibilité et d’ouverture d’esprit, ajoute Anita. Nous ne sommes pas là pour donner des conseils ou faire la morale… » « Ce n’est pas toujours simple, reconnaissent-elles, on est parfois mal à l’aise, il faut arriver à garder une certaine distance ».
Cette écoute attentive et ouverte aide à dénouer les blocages : « Souvent, les personnes qui appellent partent sur quelque chose d’anodin. En parlant librement, elles arrivent au cœur du problème. On perçoit très bien le moment où l’appelant se sent entendu : "Oui, c’est vraiment ça !" Certains rappellent pour dire : "Maintenant, ça va…" ». Difficile d’évaluer l’impact d’un échange, mais « quelquefois, ils nous remercient. Ça, c’est la cerise sur le gâteau ! ».

Une école d’humilité
L’écoute ne s’improvise pas : les bénévoles reçoivent une solide formation. « Après avoir fait acte de candidature, ils ont des entretiens avec un responsable de l’association, un psychiatre et un prêtre. Les candidats sélectionnés suivent alors une formation initiale avec des professionnels de l’écoute. » Ensuite, les écoutants participent à des groupes de parole mensuels : « L’écoute parfaite n’existe pas. Il faut accepter le fait d’être impuissant. C’est une école d’humilité ! Derrière notre téléphone, nous sommes solitaires. Les groupes de parole nous permettent de partager les difficultés ». Des journées de formation thématiques sont également organisées chaque trimestre.

Une dimension spirituelle
Les bénévoles de SOS Chrétiens ne se livrent à aucun prosélytisme. Mais l’étiquette chrétienne sert souvent d’entrée en matière pour les appelants : « Une personne nous demande une prière. Cela l’amène à parler d’elle et de sa souffrance. Certains nous demandent de prier pour eux ou avec eux ». La prière est aussi un soutien pour les écoutants eux-mêmes : « On n’est pas seul quand on écoute, observe Odile. Dans les situations difficiles, je me confie à l’Esprit Saint pour trouver les mots ». L’équipe a deux accompagnateurs spirituels, les PP. Antoine Bertochi et André Blot. Pour faire face à l’augmentation du nombre d’appels et maintenir « ce fil de la vie », l’équipe a besoin de s’étoffer. De nouveaux écoutants seront les bienvenus !

Dominique Paquier-Galliard

Dernière mise à jour : Vendredi 26 septembre 2014