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Qui nous délivrera de la violence ? Edito octobre 2013

Cette question habite la pensée de nombreux Marseillais ! Depuis des mois, une série de « règlements de comptes » a braqué les projecteurs sur notre ville et notre département.
. On ne peut banaliser ces crimes par des propos à l’emporte-pièce en disant : « Ils se tuent entre eux. » Chaque fois, ce sont des familles éprouvées, des vies brisées, des quartiers apeurés. De nombreuses mères ont exprimé leur souffrance, leur angoisse et leur révolte.
Et nous sommes là avec notre question : « Qui nous délivrera de la violence ? »

Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons bien qu’il y faut un ensemble de volontés, de moyens qui vont du rétablissement de la sécurité à l’amélioration du logement, en passant par l’accès à l’éducation, à la formation, au travail, à la santé.
On ne peut le nier : il y faut l’engagement de tous et de chacun.

. On ne peut banaliser ces crimes par des propos à l’emporte-pièce en disant : « Ils se tuent entre eux. » Chaque fois, ce sont des familles éprouvées, des vies brisées, des quartiers apeurés. De nombreuses mères ont exprimé leur souffrance, leur angoisse et leur révolte.
Et nous sommes là avec notre question : « Qui nous délivrera de la violence ? »

Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons bien qu’il y faut un ensemble de volontés, de moyens qui vont du rétablissement de la sécurité à l’amélioration du logement, en passant par l’accès à l’éducation, à la formation, au travail, à la santé.
On ne peut le nier : il y faut l’engagement de tous et de chacun.
De tous : je pense bien sûr aux pouvoirs publics — État, région, département, mairie — avec tous leurs services et la collaboration du tissu associatif.
Mais aussi de chacun : car le combat contre la violence commence en chacun de nous, en triomphant de nos peurs, de nos propres violences qui s’expriment par des propos méprisants, des incivilités quotidiennes, des pratiques illégales, une recherche insensée d’avoir toujours plus sans se soucier des autres.
Quelque chose dépend de chacun de nous.
Je voudrais citer plusieurs combats à gagner en nous.

Celui du respect de la vie humaine : tuer est un interdit majeur qui structure en nous le respect de l’être humain « de sa conception à sa mort naturelle », dit notre foi chrétienne. La défense de la vie humaine ne peut se monnayer. Il ne peut y avoir des vies qui mériteraient d’être supprimées et d’autres pas.
La vie de tout homme est sacrée. Menons ensemble ce combat pour la vie.

Celui contre les propos « racistes » dressant les populations les unes contre les autres et alimentant le mépris. Ils sont le signe d’une profonde violence chez ceux qui les tiennent.
On en entend d’inacceptables sur les populations Roms. Nul ne peut se penser exempt de succomber à ce fléau. Il nous faut creuser en nous pour retrouver le sens de la fraternité humaine. Notre foi chrétienne nous y aide, elle qui nous propose de regarder tout homme comme un enfant de Dieu et un frère à accueillir.
Les différences d’origine, de religion, de milieu social ne doivent pas devenir de nouvelles frontières mais des enrichissements que la rencontre seule peut favoriser.
Menons ensemble ce combat pour la fraternité.

Celui du sens du bien commun. La recherche du bien individuel se développe d’une manière mortifère pour les autres. On ne se soucie pas assez des autres. Nous bâtissons la violence en acceptant des écarts si grands entre les conditions de vie des uns et celles des autres ! Il y a une injure permanente faite à ceux qui sont les plus défavorisés qui ne peut qu’entraîner des réactions de violence aux violences de la dureté de leur vie quotidienne.

À vrai dire, on ne peut pas échapper seul à la violence.
On ne peut la vaincre qu’en commun !
Menons ensemble le combat pour plus de justice et de partage.
Prenons notre part dans ce combat contre la violence et pour la fraternité.
Que le Prince de la paix soit notre modèle.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mardi 15 octobre 2013