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Rencontre du P. Thomas Meilac avec Dominique Paquier-Galliard

Thomas, passionné par l’Ecriture sainte

Le P. Thomas Meilac fait aussi partie de la communauté de l’Emmanuel. Âgé de 30 ans, il a été envoyé à Rome pour une deuxième année de formation à l’Institut biblique pontifical.

Thomas, passionné par l’Ecriture sainte

Le P. Thomas Meilac fait aussi partie de la communauté de l’Emmanuel. Âgé de 30 ans, il a été envoyé à Rome pour une deuxième année de formation à l’Institut biblique pontifical.

Ses parents étaient membres de l’Emmanuel, mais il ne s’est jamais senti embrigadé. « J’ai été porté par la louange, l’adoration. Servant d’autel, je me sentais très attiré par le Saint-Sacrement. » Sa famille, marseillaise, s’installe à Aix, puis à Gardanne. Thomas est accroc des « camps gospel-montagne » avec l’aumônerie. Il aime la musique, « gratte un peu la guitare » et vit sa foi « de manière détendue ».

Un bouleversement intérieur
Étape décisive, à 18 ans, à Paray-le-Monial, au cours d’un rassemblement de jeunes : « Je me suis mis à genoux devant le Saint-Sacrement en demandant à Jésus de me montrer sa présence. J’ai compris que le Christ était là, devant moi. C’était la première pierre de ma vocation, mais je l’ai enfouie. J’étais attiré, de manière très intime, mais je voulais me marier, être normal ! » Étudiant en biologie cellulaire à Luminy, il est partagé : « En façade, tout allait bien. Mais intérieurement, j’avais besoin de me libérer… »
A Lyon, où il poursuit ses études, il participe à un groupe de jeunes à la paroisse Saint-Nizier, où il retrouve la communauté de l’Emmanuel : « Cette forme de vie chrétienne est faite pour moi : une dimension fraternelle avec d’autres frères et sœurs non choisis, la louange, l’adoration, le désir d’évangéliser, de transmettre de manière simple dans son travail, son état de vie. » En seconde année de Master, Thomas va vivre un bouleversement intérieur. « J’avais une relation, je pensais au mariage. Mais je me suis rendu compte qu’en fait, je faisais tout pour éviter la question du sacerdoce. Dans la prière, j’étais asséché. J’ai retrouvé la paix et la liberté le Jeudi saint 2010 devant le reposoir. J’y ai passé plusieurs heures, sans m’en rendre compte, et j’ai fini par dire au Seigneur : "Mon bonheur, c’est ta volonté !" »

Une foi cohérente
Après le Master, Thomas entre en propédeutique à Namur : « J’ai tout vécu à 200% ! J’ai renoué avec la prière, en intimité profonde avec le Christ. En effectuant "un stage compassion" au Cénacle, une communauté qui accueille des jeunes drogués à Lille, j’ai appris à vivre avec des personnes qui souffrent. Et je me suis rendu compte de mes propres addictions et du besoin de me laisser guérir… » Thomas rencontre aussi sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus en lisant un livre du P. Gaucher : « Je n’avais pas une très bonne image d’elle… J’ai découvert sa radicalité pour répondre à l’appel à la sainteté. Il y avait une force intérieure impressionnante derrière cette apparente mièvrerie. Elle priait pour les prêtres, ça m’a rapproché d’elle. J’ai retrouvé en elle la fougue que je désirais avoir pour exercer mon sacerdoce. »
Ses cinq ans de séminaire à Bruxelles vont profondément le changer. D’abord intellectuellement : « Étudiant la théologie, je me suis épanoui en entrant par l’intelligence et la raison dans le mystère de Dieu. La foi est cohérente, elle tient la route ! » La vie fraternelle, en petites maisonnées de cinq à six séminaristes, lui a appris à accepter les autres : « C’est comme un petit laboratoire où on éprouve cet amour qui n’est pas basé sur des affinités, mais sur celui du Christ. A la fin de l’année, nous étions frères. Cela nous prépare à vivre l’altérité dans les paroisses ! » Et puis un aveu : « A la base, je suis facilement énervable ! La vie fraternelle m’a appris la patience. Elle m’a ouvert aux autres. » En Belgique, Thomas s’est investi dans différents apostolats : le scoutisme, la préparation à la première communion, la préparation au mariage. « Le lien avec Marseille était assez ténu, car je ne revenais que pour les vacances. Mais à Saint-Barnabé, avec le P. Brunet, j’ai été touché par le lien paternel entre le curé et les paroissiens et la vie familiale dans la paroisse. »

Donner le Christ
En devenant diacre, il est passé « par la case serviteur. Une entrée dans le ministère par la petite porte… ». A Rome, où il prépare une licence à l’Institut biblique pontifical, il travaille dur. « Je suis fasciné par l’hébreu et par le fait de lire l’Ancien Testament en langue originale. J’étudie aussi le grec et l’araméen : c’est exigeant, mais passionnant ! J’ai mis le doigt dans l’engrenage à l’IET de Bruxelles, où la pédagogie jésuite est centrée sur l’Ecriture comme "l’âme de la théologie", selon le concile Vatican II. » Entraîné par l’amour de l’Ecriture sainte, Thomas a le désir d’approfondir les relations avec les juifs : « Les deux vont de pair. » Son rêve ? Faire sa dernière année de licence à l’Ecole biblique de Jérusalem…
Être prêtre aujourd’hui, pour Thomas, « c’est transmettre ce que j’ai reçu, donner le Christ, le seul trésor en ce monde, aux hommes et aux femmes dans les relations personnelles, l’accompagnement, dans les sacrements, la confession, l’eucharistie ».
Thomas est apaisé, libéré. Et il cite le prophète Jérémie : « "Seigneur, tu m’as séduit. Il y avait en moi comme un feu dévorant, je m’épuisais à le maîtriser…" Comme moi ! Mais aujourd’hui, je peux dire : "Seigneur, je te laisse faire…" ».

Dominique Paquier-Galliard

Dernière mise à jour : Jeudi 3 août 2017