Accueil > Espace jeunes > Service Jeunes Professionnels & Etudiants et des Vocations, > Rencontre du P.Rémy de Bovis avec Dominique Paquier-Galliard

Rencontre du P.Rémy de Bovis avec Dominique Paquier-Galliard

Rémy : « Faire découvrir le visage du Christ. »

Membre de la communauté de l’Emmanuel, le P. Rémy de Bovis, 34 ans, a été nommé vicaire à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul-Les Réformés.

Il a grandi « entre le Vieux-Port et la Bonne Mère », dans une maison pleine d’enfants, avec quatre frères et sœurs et de nombreux cousins… Un parcours « très classique » : Cours Notre-Dame de France, collège et lycée à Provence, scout à Saint-Giniez. « Quand j’étais enfant, on m’a présenté Jésus comme un ami qu’on peut prier en famille ou rencontrer le dimanche à la messe, paisiblement. » En fin de primaire, Rémy se laisse interpeller par la question du sacerdoce, sans en parler. Mais il a bien d’autres projets : être entrepreneur, se marier, fonder une famille…

Cinq ans pour dire oui
En école d’ingénieurs à Lyon, il fréquente une paroisse confiée à la communauté de l’Emmanuel et reprend du service comme chef scout. Le scoutisme, confie-t-il, a été fondamental pour sa croissance spirituelle. « Je n’avais pas de réelle vie de prière à part la messe dominicale, mais j’étais à l’aise avec le Seigneur. » Deux de ses amis scouts sont entrés au séminaire. Au second, il pose la question : « Comment ça marche ? Comment savoir si on est appelé ? » Réponse : « Dans la prière, avec un père spirituel et en rencontrant le responsable diocésain des vocations. » A 22 ans, Rémy demande au Seigneur de lui faire un signe. Il entre dans la vie active : conducteur de chantier, « une année un peu dure », puis chef de projet commercial, « une expérience passionnante ». Il attendra cinq ans pour percevoir le signe…

Le choix de l’Emmanuel
« Quand un ami m’a parlé d’une rencontre de jeunes interpellés par le sacerdoce, c’est devenu une évidence. J’ai reçu comme une réponse du Seigneur. » Il demande à entrer en année propédeutique de la communauté de l’Emmanuel. « Pendant cette année de "rattrapage" à Namur, en Belgique, j’ai pu expérimenter une vie de prière, redécouvrir le sacrement de réconciliation, la lecture continue de la Parole de Dieu. J’ai fait l’expérience de Jésus ressuscité vivant. Depuis que j’étais enfant, je lui parlais, mais je n’avais jamais goûté à la joie de l’entendre me parler personnellement. »
Avec l’Emmanuel, Rémy fait l’expérience des rencontres en maisonnées une fois par semaine, avec une dizaine de personnes : « Entendre témoigner des couples, des consacrés, qui ont mis Jésus au centre de leur vie, qui ont du zèle pour la mission, et voir la vie fraternelle des prêtres : je me suis dit que si je devais être prêtre, c’est là que je voulais aller. »

Des expériences marquantes
Au séminaire, à Bruxelles, Rémy suit sa formation à l’Institut jésuite d’études théologiques (IET) : « Je suis entré dans la grâce des exercices spirituels. Quatre semaines pour accueillir, d’abord, notre condition de pêcheur. C’était difficile pour moi qui ai grandi dans un milieu où on essaie d’être bien sous tous rapports ! Écouter, à l’école d’Ignace, combien on a besoin de Dieu pour sortir du péché, c’est une révolution, une expérience fondatrice qui permet d’accueillir la lumière du Christ, jusqu’à la joie de la Résurrection. »
Au cours de ses années bruxelloises, il connaîtra diverses expériences marquantes : auprès des toxicomanes, puis avec Foi et Lumière et L’Arche : « Les personnes avec un handicap débloquent nos rigidités. Je goûte leur simplicité et la joie dans laquelle elles me font entrer. »
Aux Réformés, depuis son ordination diaconale, Rémy est heureux de proclamer l’Évangile, de préparer les homélies : « Je travaille beaucoup pour actualiser cette Parole qui me nourrit, la scruter, en comprendre l’intelligence. C’est un beau cadeau pour comprendre le mystère de Jésus qui engage le dialogue avec les autres à travers ma personne. » Un apostolat lui tient particulièrement à cœur : la visite des personnes en soins palliatifs à la clinique Sainte-Elisabeth, où il est appelé « à consoler, à leur dire, comme le prophète Isaïe : "Tu as du prix à mes yeux et je t’aime" et à les aider à grandir jusqu’au bout dans l’amour ».
A la paroisse, Rémy a relancé l’aumônerie des jeunes collégiens, qui viennent de tous les horizons : « La diversité, c’est la vraie réalité de notre paroisse ! » Une paroisse « où la communion entre les prêtres et les laïcs, très investis, est une grâce qu’on essaie de vivre ».

Se faire proche
Rémy va donc rester aux Réformés, où il a été nommé vicaire. Comment voit-il aujourd’hui sa mission de prêtre ? « Se faire proche, passer du temps à accueillir tous ceux qui viennent frapper à la porte, leur faire découvrir le visage du Christ, donner Jésus dans l’eucharistie et les sacrements. » Et pour cela, « approfondir l’intimité avec le Seigneur dans la prière ».
Pour cette mission, Rémy est « plein d’enthousiasme ». Et s’il avoue lui-même être « d’un naturel un peu stressé », il va s’attacher à ne garder « que le bon niveau de stress stimulant… »
« Pendant notre ordination, j’ai senti le diocèse prier joyeusement pour nous. C’était saisissant. J’ai été accueilli par mes frères prêtres qui m’encouragent sur ce chemin. J’ai de la joie à suivre le Seigneur comme prêtre à Marseille, je veux me donner entièrement "pour qu’Il grandisse et que je diminue" ! »

Dominique Paquier-Galliard

Dernière mise à jour : Jeudi 3 août 2017