Accueil > Diocèse > L’archevêque : Mgr Georges Pontier > Paroles de notre archevêque > « Tout homme est aimé de Dieu. » Messe des nations

« Tout homme est aimé de Dieu. » Messe des nations

Tel est le thème donné à cette célébration qui nous rassemble. « Tout homme est aimé de Dieu. »

Tel est le thème donné à cette célébration qui nous rassemble. « Tout homme est aimé de Dieu. » L’eau du même baptême a coulé sur notre front pendant que le célébrant disait : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. » La sève de Celui qui disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron », cette même sève coule dans les sarments que nous sommes. Mes amis, Dieu est amour. Il ne fait pas de différence entre les hommes. Il connaît le cœur de chacun. Il a un amour particulier pour chacun de nous, car nous sommes ses enfants. C’est inouï pour nous, inespéré !

Nous sommes là ce matin dans cette basilique du Sacré-Cœur, comme des frères et des sœurs dont les familles sont pourtant originaires de nombreux pays éloignés les uns des autres. La vie, la foi et les migrations nous ont rapprochés. Il nous reste toujours à œuvrer pour que nos cœurs, nos regards, nos pensées, nos sentiments nous rapprochent vraiment et qu’on puisse dire de nous, comme on le disait des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment. » Dans sa première lettre, saint Jean écrivait à sa communauté : « Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de Lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux. » Garder ses commandements et faire ce qui est agréable à ses yeux. Et avec certitude, il y a dans le contenu de cette invitation l’accueil mutuel, la fraternité, l’éclatement de nos étroitesses et la solidarité avec les plus éprouvés, avec ceux qui arrivent, qui sont dans nos rues, notre voisinage.

Nous vivons un moment de l’histoire humaine où nos nations se croisent. Il y a de plus en plus de brassage et nous sommes invités à faire nation d’une manière nouvelle. Notre foi en Jésus, le Christ, nous fournit des ressources pour vivre ce moment en dépassant nos particularismes, en mettant nos richesses en commun, en découvrant de nouveaux frères, en laissant la sève de la vigne du Seigneur nous nourrir, nous convertir et nous permettre de porter de beaux fruits.
Elle est belle la communauté chrétienne quand elle donne à voir une communauté fraternelle, bienveillante, ouverte. Elle est sacrement du désir de Dieu de sauver toute l’humanité en permettant d’expérimenter les bienfaits de la rencontre. C’est Lui qui nous donne les uns aux autres. Nous ne nous sommes pas choisis.

Cette eucharistie nous permet de nous nourrir de la même parole, la sienne, de manger et de boire à la même coupe, son corps donné, son sang versé pour nous et pour la multitude. Il est venu pour rassembler les enfants de Dieu dispersés.
Prions les uns pour les autres afin que nous laissions le Seigneur agrandir les frontières de notre tente. Qu’Il nous donne de vivre proches les uns des autres, de ne pas nous arrêter à la couleur de notre peau ni aux formes de notre visage. Nous sommes plus que cela ! Nous sommes ses enfants.
Pour vivre notre vocation de chrétiens, soyons ouverts à tous ceux au milieu desquels nous vivons. Prenons notre part dans la construction d’une nation accueillante, fraternelle, paisible, juste, ouverte aux autres, nullement refermée sur elle-même et ses seuls intérêts.

En ce temps pascal où nous nous préparons à fêter la Pentecôte, le don de l’Esprit Saint, ouvrons grands nos cœurs pour qu’Il puisse y faire son œuvre d’artisan de paix, de bienveillance, de justice et de courage.

Que Notre Dame de la Garde nous soutienne dans notre mission, elle qui voit monter vers elle des hommes de toute culture, langue, religion.

Oui, tout homme est aimé de Dieu. Oui, nous sommes appelés à vivre comme des frères.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

29 avril 2018

Dernière mise à jour : Lundi 30 avril 2018