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Vie consacrée

Le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, est aussi, depuis 1997, la Journée de la vie consacrée.

Dans son message pour cette journée, le pape François en explique le tripe but : « Remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l’Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères. » Ensuite, « faire découvrir la riche diversité des différentes formes de vie consacrée au peuple de Dieu tout entier » : moines et moniales, religieuses et religieux apostoliques, vierges consacrées, membres d’instituts séculiers et de sociétés de vie apostolique, sans oublier les ermites. Et enfin, inviter les personnes consacrées « à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles ».
C’est ce qu’elles ont fait, au soir de la Chandeleur, à Saint-Victor, lors de la célébration au cours de laquelle les personnes consacrées ont renouvelé leurs vœux.

C’est Monseigneur di Falco Léandri, prédicateur de l’Octave de la Chandeleur, qui a prononcé l’homélie :

Le texte d’Évangile que nous venons d’entendre et que nous connaissons bien met en scène Marie et Joseph qui, selon les préceptes de la loi, se rendent au temple pour présenter Jésus aux prêtres, à Dieu.

Marie et Joseph, à ce moment-là, n’ont certainement pas compris toute l’ampleur de ce qu’ils sont en train de vivre. Ils viennent tout simplement, modestement, comme toute famille d’Israël, présenter à Dieu ce qu’ils ont de plus cher au monde : leur enfant.

Là, ils vont faire deux rencontres.
Je m’attarderai seulement sur la première, celle du vieillard Siméon.
Cet homme, juste et pieux, nous dit saint Luc, se trouve dans le temple au moment où Marie et Joseph viennent pour y présenter Jésus.
Ce n’est pas par hasard qu’il est là : « Il vient au temple poussé par l’Esprit. »
Quittons un instant le récit de saint Luc et faisons un petit retour en nous-mêmes.
Pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui ? Pour qui ?

Le hasard ?
• Vous passiez par là, vous avez entendu de la musique, vous avez senti la bonne odeur des navettes et vous vous êtes dit : « Mais au fait, c’est la Chandeleur ! » et vous êtes entrés dans l’abbaye.
• Mais le hasard ne serait-il pas le nom que Dieu se donne lorsqu’il veut rester incognito tout en guidant nos pas ?
• Êtes-vous venus poussés par l’Esprit, comme le vieillard Siméon, avec l’espoir d’une rencontre ?
• Êtes-vous venus comme Marie et Joseph présenter à Dieu ce que vous avez de plus cher ? Vos parents, vos enfants, ceux que vous aimez ?

La réponse est dans le secret de votre cœur et dans le secret du cœur de Dieu.

Mais quelles que soient les raisons qui vous ont conduits jusqu’ici, vous êtes venus à la rencontre du Seigneur Jésus puisque c’est ici qu’il demeure.

Dans cette rencontre avec le Seigneur, à l’exemple du vieillard Siméon :
• Trouverez-vous la sérénité et la paix ?
• Vos peurs seront-elles apaisées ?
• L’espérance vous sera-t-elle donnée ?

Mais revenons au texte de saint Luc.
Voici ce qu’il dit : « Le vieillard Siméon prit l’enfant dans ses bras et bénit Dieu. »

Essayons d’imaginer la scène. Ce vieillard qui porte dans ses mains, plus que dans ses bras, le Fils de Dieu. Jésus, fragile, tout petit, qui tient entre les deux mains de ce vieillard.
Que de beauté dans cette image et surtout quel message ! Jésus qui se donne, qui se laisse prendre par l’homme, non pour être façonné à ce que nous aimerions qu’il soit, mais pour nous ouvrir le chemin qui conduit vers Dieu.

Siméon porte dans ses mains Celui qui, sous le poids de la Croix, portera l’humanité toute entière. L’espérance du monde, son espérance, est là, entre ses mains, et lui emplit le cœur. C’est alors qu’il va s’écrier : « Maintenant, Maître, tu peux laisser partir ton serviteur. »

Puis, s’adressant à Marie, il dit comment Jésus sera accueilli :
• On prendra parti pour ou contre lui (et nous ?).
• Il sera contesté, admis par les uns, rejeté par les autres.
• Par lui, les hommes dévoileront le secret de leur cœur.

Et il ajoute à l’intention de Marie :
• La souffrance qu’elle connaîtra.
• La Croix qu’elle aussi devra porter avec son fils pour parvenir à la joie de la résurrection.
• La douleur de voir son fils rejeté, calomnié, méconnu pour ce qu’il est en réalité.

Ce glaive qui traversera le cœur de Marie, c’est la souffrance de la Croix à laquelle nous sommes associés lorsque nous sommes confrontés aux épreuves de la vie.
Nous ne pouvons exclure cette dimension du mystère pascal.

Mais ne l’oublions pas, il n’y a pas d’ombre sans lumière : lorsque dans nos vie se dresse l’ombre de la Croix, c’est déjà que pointe la lumière, celle de la résurrection.

Aujourd’hui, je souhaite que votre rencontre avec le Christ vous apporte, comme au vieillard Siméon, la paix, et que votre foi, malgré le poids de la Croix que peut-être vous portez, soit fondée sur la fidélité de Dieu.

Tout au long de la semaine, nous suivrons l’itinéraire de saint Pierre qui, bien avant d’être saint, a connu un chemin qui ressemble bien souvent au nôtre :
• L’appel
• La profession de foi
• Les promesses de fidélité
• La trahison
• Le pardon
• La mission

À demain, si vous le voulez bien.

+ Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque émérite de Gap et d’Embrun

Dernière mise à jour : Jeudi 7 février 2019