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Voiles de Marie-Madeleine du 19 au 25 août 2018

Cet été, Marie-Madeleine débarque à nouveau en Provence ! Les précieuses reliques de la sainte, conservées à la Sainte-Baume, pérégrinent par la mer entre Toulon et Marseille.

Cette embarcation est menée par les frères dominicains : naviguer, prier, chanter, évangéliser pendant une semaine !
Toulon, le Brusc, Sanary sur Mer, Saint Cyr les Lecques, la Ciotat, Cassis, Marseille !

Le 25 août, arrivée à Marseille,
Les reliques sont accueillies avec la cornemuse.
Une procession s’ébranle sur le Vieux Port vers l’abbaye de saint Victor .
Les reliques sont portées par les motards Kudaciés !
La messe est célébrée en l’abbaye de saint Victor,présidée par le père Gérard, et l’homélie par le frère Hugues-François Rovarino OP, prieur du couvent des Pères Dominicains de Marseille .

Homélie du Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »
La Charité de l’Evangélisation

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » [Jean 6,68] Quelle affirmation ! Nous aimerions la proclamer, comme une parole forte qui engage notre cœur, notre esprit, tout notre être. Et dire comme Simon-Pierre : « Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
Après une multiplication des pains inattendue, au terme du discours sur le Pain de Vie, qui se présente pour nous comme une méditation sur l’eucharistie, deux paroles mettent aussi en jeu notre vie : Jésus enseigne : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » [v.65], et Simon-Pierre affirme : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »
Cela rappelle la parole du Peuple à Josué : « Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu »[Jos.24,18]. Mais Simon-Pierre exprime une réalité plus forte, à la hauteur de notre existence totale. Il a entendu Jésus : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » D’où sa réponse portée par ce don du Père, la foi : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Toute l’Eglise et sa vie sont portées par cette foi. Saint Jean-Paul II ne parlait-il pas de « L’Evangélisation qui est le service le plus élevé que le chrétien puisse rendre à son frère » [Ut unum sint] ! Le Seigneur appelle notre attention, pour la charité de l’Evangélisation.
Connaissez-vous cette image ? Naples, XIIIème siècle, une chapelle, un homme en prière. Tôt le matin, il priait à la chapelle Saint-Nicolas. Dominique de Caserta, le sacristain qui l’observait, le vit soudain en lévitation et en dialogue. Le religieux dominicain demandait inquiet, si ce qu’il avait écrit sur les mystères de notre foi était juste. Et le Crucifié répondit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas, quelle sera ta récompense ? » Alors la réponse jaillit : « Rien d’autre que Toi, Seigneur ! » On aurait aimé être là !
Le crucifix napolitain peut parler encore. S’il s’est adressé jadis à saint Thomas d’Aquin priant, cet épisode révèle l’ampleur et la vérité de ce qui se livre dans les célébrations chrétiennes.

Cette réponse n’est-elle pas ce que nous aussi voudrions toujours dire : « Rien d’autre que Toi, Seigneur ! - A qui irions-nous ? - Tu as les paroles de la vie éternelle » Cette réponse porte-t-elle notre existence ? En la livrant, sommes-nous prêts à livrer notre vie ?
En venant auprès du Seigneur à la messe, ne devons-nous pas être portés par cette réponse ? De même, pendant la prière eucharistique, lors de l’élévation du Corps et du Sang du Seigneur ? Et lorsque nous avançons à la communion, portés par le désir, nous nourrissant de sa présence : « Rien d’autre que Toi, Seigneur ! - A qui irions-nous ? »
N’est-il pas enthousiasmant de pouvoir être tout entier dans ces mots ? Ils ne sont pas trop grands pour nous ! Et l’on comprend dans la suite d’une telle rencontre qu’il y ait un recueillement, un silence de l’âme accueillant son Sauveur, son Seigneur. Pensons à cette confidence de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face : « Ah ! Qu’il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme !… Ce fut un baiser d’amour, je me sentais aimée et je disais aussi « je vous aime, je me donne à vous pour toujours ». … (MA 35r°) Je me répétais sans cesse ces paroles de saint Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi ». » (MA 36r°).
Ne craignons pas de nous laisser emporter par le Seigneur vers ses propres rivages. Nos voiliers, nos processions, notre présence ici n’expriment-ils pas cela ? Une réalité infinie incarnée au quotidien : le Ressuscité nous attend, sacramentellement présent, sur notre rive.

Et nous voilà, ici, devant lui ; c’est notre heure ! Jésus vient nous fortifier, nous consoler, nous intégrer de mieux en mieux à son Eglise, à son Corps. Une présence active, avec la force de la charité !
L’Eglise continue la présence du Christ : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » [Mt 28,20]. Et le Corps du Christ, l’Eglise, se développera avec l’accueil du Corps du Christ, ce sacrement. Ce Corps reçu, multiplié, nous rend de plus en plus « membres les uns des autres » [Rm.12,5]. Il nous rend acteurs de sa charité, attentifs à tous avec lui, le Sauveur.
Alors l’Eglise, Corps du Christ, reste au sein de notre monde le signe de la réelle présence de Dieu. Elle appelle à la conversion joyeuse par l’Evangélisation, « le service le plus élevé que le chrétien puisse rendre à son frère ». Elle appelle ceux qui vont murmurer au Seigneur, les paroles de saint Thomas et de saint Pierre : « Rien d’autre que Toi, Seigneur ! Vis en moi. Que tes sentiments passent par moi, toujours. Oui, Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain
Temps ordinaire, année B, 21°Dimanche –Marseille, abbaye saint Victor

Dernière mise à jour : Jeudi 30 août 2018